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Le modèle de l'entreprise occidental s'est construit sur l'énergie conquérante. Celui-ci a ses récits épiques, ses mythes fondateurs. Oberkampf, Thomas Edison, René Panhard, Alfred Krupp, Steve Job [hst,eco] sont des figures de proie de ces légendes. Mais c'est un capitalisme de personnages plus que d'histoire. En Inde ou en Chine les choses sont différentes. Les entreprises sont traditionnellement enracinées dans un substrat social ou un parentèle. Beaucoup plus qu'en Europe, le capitalisme est familial et éclaté.
L'enjeu est bien la refondation de la légitimité de la l'entreprise. Vu de l'extérieur, il s'agit avant tout de la moralisation du profit. Que rémunère-t-il ? Les avantages acquis, les positions de force, les conforts de rente ? De tels abus conduisent immanquablement au déclin et précipitent explosion. Le profit légitime couronne la prise de risque et la responsabilité dans l'action dés lors qu'il conduit à une amélioration de bien-être pour l'ensemble de la société, un gain pour tous. A ce titre, le calcul du
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profit ne peut donc faire l'impasse sur les conséquences de la production, sur les dégâts collatéraux qu'elle induit, comme la pollution en particulier. La responsabilité – environnementale, sociale – est une autre clé de répartition du profit entre les entreprises. Elle pourrait également être le fondement d'une fiscalité modulée et moderne, afin de favoriser les activités les plus conformes à l'intérêt général.
L'enjeu est aussi intérieur à l'entreprise.[?]. L'équilibre au sein du gouvernement d'entreprise et sa pleine contribution aux transformations des sociétés ne peuvent se faire qu'au prix d'une représentation accrue de la diversité des acteurs. Il est nécessaire une bonne circulation de l'information, une culture de compromis, une meilleure représentativité des syndicats et enfin la participation du plus grand nombre aux profits.
Mais il faut également inclure la notion d'équilibre entre la stratégie. Conduire l'entreprise avec les yeux rivés sur les cotations boursières interdit toute politique de longue terme. Les entreprises sont aujourd'hui fragilisées par cette financiarisation. Faut-il regretter le capitalisme familial ? Celui-ci privilégiait la stabilité plutôt que l'expansion rapide, l'investissement plutôt que l'endettement, au nom d'une priorité donnée à la transmission du patrimoine d'une génération en génération. Cette stabilité apparente cachait souvent des passages de relais difficiles. Mais, surtout, sa pente naturelle au
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conservatisme le prédisposait mal à affronter un monde en constante évolution. Il faut donc inventer une troisième voie, une trajectoire capable d'adaptation dans une certaine continuité d'esprit. Les industries doivent proposer des offres globales dans le cadre de véritables partenariats économiques. Elles ne peuvent plus se contenter de livrer les produits finis sur un marché. Prenons le cas des infrastructures: il faut exposer au pays ou à la collectivité cliente de développement, l'aménagement et le retour social qu'elle peut espérer de son investissement, dans le cadre d'une association complémentaire. [IVANOV -inondations] L'entreprise doit, dans un sens, dépasser son rôle industriel en devenant fournisseur de services d'accompagnement, dans la conception, la gestion et la administration des services induites. Les axes des stratégies doivent être simple: des savoirs, des territoires, du temps.
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