mardi 6 décembre 2011

L'appropriation du monde

LA CITE DES HOMMES / VERBATIM par NBN/page 43

Notre relation à la planète est en jeu. De quel droit en serions-nous les propriétaires ? Le

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concept de propriété n'est pas immuable. Il n'est pas non plus universel. Son adaptation a même été l'enjeu de tous les grands basculements historiques. Ni l'Antiquité, quelle-soit grecque ou romaine, ni le Moyen Age, n'ont reposé sur une sacralisation de la propriété individuelle. C'est le tournant capitaliste qui l'a imposée. Notre conception a, à peine, deux siècles. La reconnaissance récente de biens publiques mondiaux, tel que l'air, l'eau ou la biodiversité [c'est quoi biodiversité, dans ce contexte ?] montrent aujourd'hui la nécessité de la nouvelle conception dans la matière. Plusieurs axes de réflexions peuvent y contribuer.

L'acceptation de la complexité, d'abord, afin de dépasser l'alternative réductrice entre la propriété privée et la propriété collective. La complexité mêle les être et les biens. L'univers infini est devenu pour nous un monde clos où nos paroles et nos actes sont renvoyés et amplifiés sans cesse. [???] Redéfinir l'intérêt général [voir la quatrième] passe par une nouvelle conception de la propriété, [comme un dégradé de droits et de titres sur des choses.???]

Une éthique de la responsabilité ensuite. Dans l'age de la rareté et de la production industrielle en masse, l'enjeu de la possession se différencie d'un bien à l'autre. Épuiser un bien non renouvelable,- une mine, un écosystème sous certains conditions – engage l'ensemble des [temps?] et des générations à venir. Il y a bel et bien une nouvelle responsabilité globale qui oblige à repenser le système, sauf à compromettre

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l'avenir. La patrimoine, de par sa vocation collective, justifie des obligations particulières. Chacun est comptable devant la société de l'usage qu'il en fait.

Face à un bien unique - un brevet ou une œuvre d'art-, la question de la propriété intellectuelle est devenue centrale dans nos sociétés. Elle engage elle aussi une responsabilité vis-à-vis de l'ensemble de l'humanité, à proportions des efforts faits pour en tirer le plus grand bénéfice collectif. La propriété légale d'une technologie novatrice ne peut justifier de la tenir sous le boisseau [fr] , par cynisme ou par négligence. [on est encore très loin d'open source 2.0 !]

Une logique de réciprocité, enfin. Depuis un siècle, l'évolution des sociétés et la mise en avant des droit-créances des individus à l'égard de la collectivité[?] ont créé, tacitement, une nouvelle catégorie de propriété, une dette de tous à l'égard de chacun[?]. Le droit au travail, le droit au logement, le droit à la santé, inscrits dans de nombreuses constitutions démocratiques aujourd'hui, sont désormais reconnus à l'échelle mondiale par les organisations internationales. C'est bien de donner les droits, encore faut-il les concrétiser. Il faut s'y atteler pour instaurer les mécanismes de réciprocité et de solidarité conjuguant la justice sociale et l'efficacité économique. Les garanties que je reçois de la collectivité justifient en retour la restriction de mes droits de propriété dans la mesure où il s'agit d'assurer la meilleure circulation possibles des biens jugés essentiels, par exemple en faveur de l'éducation, de la santé ou de la sécurité.

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Ce nouveau régime de propriété trouve une application concrète dans la définitions des biens publics mondiaux. L'accès aux bien primordiaux que sont l'air pur ou l'eau potable semble encore moins garantie aujourd'hui que par le passé, malgré de réels efforts des politiques de développement. Le passage de la promesse à la réalité impose de définir de nouvelles normes d'exploitation et de distribution. Il s'agit de réglementer les concessions de service public de manière à obtenir le meilleur équilibre entre les services fournis et les investissements qu'ils nécessitent.

Ces biens publics mondiaux ne sont pas de biens gratuits. L'eau potable, aujourd'hui plus que jamais, est un produit industriel dont il faut assurer l'extraction, le contrôle et l'acheminement. Ils ne sont pas davantage des biens illimités. Les effets des ces croyances [plutôt de leur contraires ?] sont délétères [fr] pour la préservation des ressources et il faut encourager le développement d'une culture de la consommation rationnelle et soutenable, grâce à l'extinction de la mesure des débits individuels, par exemple, ou la priorité accordée à la réduction des gaspillages dus à la vétuste des réseaux d'adduction [fr] [Action d'amener,IVANOV - La grande entreprise de l'adduction à Nîmes des eaux du Rhône, Courrier du Gard, dans le Siècle, 27 août 1871, dans le cas de l'eau potable, Littré], dans le cas de l'eau potable. Dans les années passés, les expériences de terrain ont montré que les partenariats public – privé atteignaient la plus grande efficacité lorsque les deux partenaires partageaient les tâches: normes, régulation et missions d'un côté, solutions industriels et

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mesures de l'autre. Il faut également assurer la souplesse et l'adéquation des innovations. Les bornes-fontaines expérimentées dans certaines villes africaines en sont un exemple.


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