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Les effets conjoints de la mondialisation et de multipolarité sont aussi porteur de dynamiques. Ils créent par exemple une opportunité unique pour assurer la coexistence des cultures à travers des cadres créés et portés en commun. Il faut néanmoins se garder des erreurs d'interprétation.
D'abord, tomber dans la facilité schématique et simplificatrice. C'est une tentation tentation inhérente à la mondialisation qui aplanit et uniformise les territoires et les cultures. Elle guide en somme la perspective d'une « fin de l'histoire » à la Fukuyama [hst]: les dialectiques du mouvement historique auraient à présent atteint leurs fins. Avec le grand marché, la démocratie libérale et la paix entre les nations s'imposeraient un peu partout. Aujourd'hui, la théorie n'est plus guère en vogue, à cause de recul de la démocratie, des crises récentes et de la montée en puissance de pays émergents qui rentrent mal dans le cadre.
Ensuite, apparaît un risque symétrique de figer les aires de puissances, de les asseoir [fr] sur des réalités culturelles ou religieuses supposées immuables. Le choc des civilisations n'est pas
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inscrit dans la nature du monde comme pouvait le laisser penser Samuel Huntington dans une lecture trop statique et naturaliste. Une telle vision ne laisse guère de place à la volonté et la liberté des hommes. Le risque existe cependant des deux côtés de la barrière entre Nord et Sud. Au Sud, le raidissement identitaire résultant de l'arrachement et de l'acculturation qui accompagnent la mondialisation à visage occidentale. Les sentiments de déracinement et les frustrations dues à des inégalités croissantes conduisent à l'exacerbation des haines et à la tentation du repli. La vision de Samuel Huntington présente l'homme, peut-être délivré de l'histoire, mais livré pieds et poins liés à la géographie, otage de son lieu de naissance. La carte colorée qu'il nous dessine n'est en fait que l'annonce de l'affaissement de chacune de ces prétendues civilisations sur elles-mêmes.
Ainsi – une nouvelle fois-, le risque de déséquilibre est le fait d'un Occident tenté de percevoir son propre déclin comme un choc de civilisations. Le coureur qui s'essouffle et s'arrête sur le bas-côté peut croire que ceux qui couraient derrière lui, à la même allure, se jettent à présent sur lui. Mais ils le dépassent avec indifférence.[cité par NBN sur le site – forum Marathon ?]
Il faut marcher sur les deux jambes de l'histoire et de la géographie, dépasser les schémas qui enferment pour envisager un destin commun de cultures diverses. Les pôles de puissances ne coïncident pas avec un ensemble
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de civilisations. L'ordre politique et le pavage culturel recouvrent des réalités distinctes. Par ailleurs, dans un monde d'identités multiples, les cultures se définissent et se redessinent en fonction des enjeux sociaux et politiques qui les préoccupent; il faut donc privilégier les causes internes pour comprendre leurs replis éventuels.
Il ne faut pas saborder l'idée de l'histoire commune de l'humanité, au nom de l'échec de la vision strictement occidentale. Il est important de favoriser les passerelles entre les différentes cultures afin de diversifier la mondialisation sans se situer d'emblée en dehors d'elle. On peut citer l'exemple des renaissances culturelles dans les pays arabes de Golfe où le volontarisme a eu le souci de tirer profit des dynamiques mondialisatrices pour renouveler l'approche de la culture. Les musées construits à Abu Dhabi ou à Doha en sont emblématiques, car ils cherchent à la fois à augmenter leur attractivité mondiale fondée sur une logique des marques muséales - le Guggenheim, le Louvre – et, en même temps, à associer les cultures locales à l'essor modernisateur, comme dans le musée des Arts islamiques de Doha construit par Ieoh Ming Pei.
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