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La volonté de domination des nations occidentales a crispé et exacerbé des conflits dans
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les régions instables. La puissance de l'Occident reste avant tout militaire. Le déséquilibre des forces en sa faveur n'a jamais été aussi grand que dans le dernier demi-siècle. L'éventail balistique s'élargit sans cesse, dans le but d'adapter la puissance aux situations les plus diverses, pénétration souterraine, dissuasion nucléaire massive, bombes à fragmentation. L'horizon de l'horreur promise s'étend sans cesse, menaçant un monde où nul n'est plus à l'abri.
L'armée américaine demeure la seule équipée d'un arsenal complet et complexe permettant d'intervenir à tous les échelons., forte d'un avantage décisif, avec les technologies de renseignement satellitaire et le contrôle des communications. Elle représente à elle seule près de la moitié des dépenses militaires mondiales. Deux autres nations occidentales – la France et l'Angleterre – peuvent être considérées, à un moindre titre cependant, comme des puissances mondiales. Les armées des pays de l'OTAN représentent plus de deux tiers des moyens militaires mondiaux. Jamais l'avantage militaire d'un groupe cohérent de pays n'a donc été aussi écrasant.
Dans quel but ? Cet impérium ne s'est accompagné d'aucune amélioration de la paix mondiale. Où nous a mené un écart de puissance aussi énorme? A l'impuissance. L'Occident se montre incapable de l'emporter dans ces guerres asymétriques qui se soldent par l'enracinement des haines à long terme. La guerre en Irak, en
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2003, demeure une erreur fondamentale parce qu'elle a conduit a reniement ponctuel des valeurs d'une grande démocratie, qu'elle a entrainé l'Irak dans une déstabilisation durable entre ses différentes composantes, sunnite, chiite et kurde, et enfin parce qu'elle a terni l'image de l'Occident dans la région et dans le monde. Guantanamo et Abou Ghraib[hst] pèsent durablement sur la légitimité américaine.
Ces guerres, on le voit aussi en Afghanistan, sont le théâtre de la vanité de la puissance sans la victoire. Bien avant la Corée et le Vietnam, c'est Hegel qui décrivit ainsi la situation inextricable de Napoléon en Espagne après l'insurrection de mai de 1808 [hst] . Des maquisards protestants de la guerre des Camisards, qui affrontèrent l'armée de Louis XIV, le « géant du Grand Siècle » sur son propre territoire [hst] , aux guerres de Vendée [hst] , les XVIIe et XVIIIe siècles nous ont montré quelles pouvaient être les cruautés de la « petite guerre », avant qu'elle ne soit désignée comme guérilla. Peut-on sortir de ces guerres qui ne disent pas leur nom? Que deviendra l'Irak, une fois les troupes américaines et britanniques parties? La pacification de la Tchétchénie a été obtenue au prix d'une dictature redoutable, pas d'une démocratie effective.
L'ivresse de la puissance ne concerne pas seulement les Occidentaux mais contamine l'ensemble des acteurs, à commencer par les nouveaux venus. L'attitude de la Chine face à la question taïwanaise, si elle se traduit par des
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jeux d'échec subtils, repose cependant sur une logique de bras de fer avec ses voisins asiatiques et avec les États-Unis. Une Chine saisie par la « démondialisation » pourrait vouloir recourir aux réflexes d'époques antérieures, au nationalisme de la démesure. Sa recherche de la force se poursuit en sous-main, dans l'évolution des crédits militaires chinois ces dernières années, à un rythme plus rapide encore que la croissance du produit intérieur brut. Ils presque triplé depuis le tournant du siècle. Il s'agit en même temps d'une entreprise de modernisation des forces armées, insistant sur les équipements de matériel et réduisant la part accordée à une armée de terre forte en hommes mais faible en équipement. L'armée chinoise attend d'entrer dans le club des grandes puissances, capables d'assurer des projections militaires ponctuelles, maitrisées et massives.
La Russie se laisse gagner à son tour par la tentation de la force et du fait accompli, en particulier lorsqu'elle intervient dans ce qu'elle juge être son aire d'influence. Là aussi, les dépenses militaires sont reparties à la hausse, doublant depuis l'an 2000. Pour la première fois depuis vingt ans, l'armée russe opère hors de ses frontières. La nostalgie de la puissance perdue, surtout si elle se nourrit d'humiliations récentes, mène depuis toujours à une montée décomplexée vers les extrêmes.
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